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La Vie des Marchés

mars 15
La semaine a été marquée par la réunion de la BCE qui a annoncé un train de nouvelles mesures : baisse des taux de refinancement et de dépôt, augmentation des achats d'actifs mensuels (80 Md€), possibilité de racheter des obligations d'entreprises notées investment grade et nouveaux TLTRO constituent un paquet destiné à stimuler l'activité dans la zone euro en luttant efficacement contre la fragmentation de son financement.


Les marchés les ont d'abord saluées dans un premier temps surpris par leur ampleur puis ils ont été déçus et enfin convaincus le jour d'après. Cela démontre que la lecture des décisions monétaires s'avère complexe (cf. la déception en décembre dernier). L'environnement monétaire y devient pourtant de plus en plus accommodant et la liquidité y abonde. Normalement, ce sont deux signaux d'achat d'actifs risqués et de confort pour les banques. Les mesures annoncées par la BCE devraient favoriser les classes d'actifs suivantes : le high yield, les dettes périphériques, le secteur bancaire et les actions de la zone euro.

Aux Etats-Unis, les derniers chiffres d’inflation sous-jacente, les créations d’emplois et le taux de chômage ne donnent toujours pas l’impression d’une économie américaine qui s’essouffle malgré un secteur industriel sous pression.

La Chine engendre chez les investisseurs la principale source d’inquiétude. Elle pourrait déstabiliser la planète économique si la fuite des capitaux se poursuivait ou si sa monnaie devait être dépréciée de manière incontrôlée. Les exportations chinoises ont d'ailleurs baissé de 25.4% au mois de février (plus gros déclin depuis 2009) alors que les importations enregistrent leur 16ème mois de baisse consécutive à -13.8%. Le scénario de récession mondiale n'est pourtant plus à l'ordre du jour car, même si la croissance mondiale ralentit, elle devrait s'établir à 2,5%-3% cette année. Les marchés devraient toutefois continuer de se focaliser sur le risque chinois et sur le référendum britannique au sujet du Brexit. Tony Blair, ancien premier ministre de la Grande-Bretagne, que nous avons eu la chance d'écouter lors d'une conférence, semblait dire que ses compatriotes renonceraient au Brexit quand ils en percevront le coût économique et politique (baisse du PIB, probable nouveau référendum en Ecosse et complications politiques avec l'Irlande au sujet de l'Irlande du Nord).

Une fois encore, la sélectivité des investissements en actions s'impose car l'environnement économique est moins porteur et plus instable. Mais l'action forte de la BCE permet d'assurer une certaine visibilité monétaire et financière à la zone euro.


Source: DNCA Finance - Igor de Maack. Achevé de rédiger le 11 mars 2016.

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