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La Vie des Marchés

avril 11
La semaine aura été marquée par les révélations du scandale des "Panama Papers". L'histoire se répète donc et d'ailleurs beaucoup plus souvent que les investisseurs ne le croient.

En 1889, le scandale du canal de Panama laissait déjà Ferdinand de Lesseps (celui qui avait porté le projet du canal de Suez), ses associés et des milliers d'épargnants ruinés avec au passage des soupçons avérés de corruption de quelques parlementaires et hommes politiques français.
Bref, si cela ne devrait pas avoir de conséquences sur les marchés financiers internationaux, on remarquera toutefois que l'abondance de liquidités n'est pas toujours synonyme de vertus surtout quand la pression fiscale s'accentue partout dans le monde et que le niveau de rémunération de l'argent atteint des niveaux aussi faibles. En effet, le rendement de l'indice obligataire de l'indice BofA Global Broad Market Index est passé de 4,25% en juin 2006 à 1,3% aujourd'hui soit son point le plus bas depuis vingt ans. Ce n'est pas franchement étonnant puisque les banques centrales ont construit un univers sans rendement (ZIRP policy) voire un univers à rendement négatif (NIRP policy). La France a d'ailleurs emprunté cette semaine à 10 ans au taux record de 0,43%.

L'ancestrale maxime populaire "time is money" n'a plus réellement de sens. En effet, un tiers de la dette mondiale des pays développés se traite déjà à des rendements négatifs. Derrière ces chiffres effrayants, se cache le mal spectral de la déflation et l'anticipation par les investisseurs d'un affaissement progressif de la croissance mondiale. Certes, toutes les zones économiques convergent vers une croissance plus modérée. C'est pourquoi les politiques monétaires tentent par tous les moyens de stimuler croissance et inflation sans déstabiliser les taux de change. Les discours des entreprises européennes ou mondiales ne confirment pas cette tendance ultra-déflationniste même si la progression de leurs bénéfices est peut-être plus chaotique et plus incertaine que dans les cycles économiques précédents. A défaut de promettre une croissance spectaculaire de leurs bénéfices, les entreprises, surtout en Europe, promettent des dividendes alléchants (rendement net moyen >3% en moyenne sur le continent européen). Dans un monde sans rendement, les actions européennes sont décidément les seules à en offrir et ce, depuis déjà quelques années. Etrange nouveau paradigme ou anormalité passagère...

Source: DNCA FInance - Igor de Maack. Achevé de rédiger le 8 avril 2016.

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