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La Vie des Marchés

mai 02
Déjouant tous les pronostics, l’économie européenne s’est enfin réveillée. Les publications trimestrielles le confirment jour après jour dans des secteurs très divers (hôtellerie, consommation, construction, industrie, services informatiques). Même le chômage en France a baissé en mars sans toutefois qu’on puisse encore qualifier cette baisse de tendance pérenne ou d’effet d’aubaine.


Pour autant, les perspectives bénéficiaires ne sont toujours pas révisées en hausse. Au mieux peut-on dire que les révisions à la baisse des bénéfices sont entrain de se stabiliser. Par conséquent la récente hausse des marchés actions a porté les valorisations à des niveaux moins abordables (PE 2016 du DJ Stoxx 600 de 16x et PE 2016 du S&P 500 de 17,6x). Il faudra donc désormais que les bénéfices reprennent une courbe ascendante sur la séquence 2016-2017 pour espérer une performance boursière franchement positive (dividendes inclus).

La situation aux Etats-Unis est beaucoup plus complexe à lire et à analyser. Certes, la récession n’a pas vu le jour mais la configuration micro-économique des entreprises interpelle. L’argent disponible grâce à la dette peu chère a surtout financé des dividendes, des rachats d’actions et des opérations de fusion-acquisitions pour contrer le déclin de leur profitabilité. Selon Standard & Poor’s, elles ont dépensé près de 376 md$ en acquisitions soit un montant supérieur de 40% à celui de 2007. Le niveau d’endettement d’America Inc. a atteint celui de 2007 en affichant une progression de 30% par rapport à l’année dernière alors que le cash flow opérationnel a diminué sur la même période. Graphiquement, quand ces deux courbes se disjoignent un peu à la manière d’un accordéon qui s’étire, le risque d’une correction économique et/ou financière augmente. Ce qui se passe aux Etats-Unis dans les entreprises s’avère donc une intrigue et on comprend aisément les atermoiements de la Fed pour durcir trop vite et trop fort les conditions monétaires.
Néanmoins, aucun système économique ne peut vivre durablement avec un endettement qui progresse pendant que la capacité de remboursement des agents endettés s’effrite. Depuis quelques semaines, les scénarios les plus noirs se sont évanouis. Cependant, il faut garder un œil attentif sur les sujets sensibles (endettement des entreprises américaines, risque politique en Europe, faiblesse de la croissance chinoise) car ce sont eux qui pourraient faire dérayer les marchés actions européens qui bénéficient d’un momentum économique moins pire que prévu.

Bref, il demeure toujours aussi difficile de prévoir en économie ou en bourse. Avec humour, l’économiste américain John Kenneth Galbraith, notait que « la seule fonction des prévisions économiques, c’est de rendre l’astrologie un peu plus respectable », un point de vue que le grand mage Nostradamus aurait sûrement apprécié.

 

Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 29 avril 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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