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La Vie des Marchés

juil. 04
Une semaine s'est écoulée depuis le référendum stupéfiant d'un peuple pourtant réputé si démocrate et si ouvert. Les premiers commentaires et analyses n'ont pas éclairé le débat ni conduit à un aboutissement fécond concernant les suites du déclenchement de l'article 50 du Traité de Lisbonne pour la sortie de l'Union Européenne qui devrait avoir lieu en septembre.

Une semaine s'est écoulée depuis le référendum stupéfiant d'un peuple pourtant réputé si démocrate et si ouvert. Les premiers commentaires et analyses n'ont pas éclairé le débat ni conduit à un aboutissement fécond concernant les suites du déclenchement de l'article 50 du Traité de Lisbonne pour la sortie de l'Union Européenne qui devrait avoir lieu en septembre.

D'un côté, les Britanniques se réveillent totalement impréparés et sonnés par cet uppercut populaire, aucun des partis politiques en présence ne souhaitant finalement endosser la responsabilité du résultat ni celle des futures négociations. Ils découvrent avec surprise aussi la fermeté aussitôt affichée des autres Européens bien que cette position commune ne fut pas forcément acquise dans la sérénité et qu'elle puisse servir dans un premier temps comme posture avant de futurs pourparlers. Le spartiate Alexis Tsipras l'avait appris à ses dépens : il est difficile de négocier avec quelqu'un que vous avez humilié (i.e : Union européenne). C'est probablement avec cette rancœur que les dirigeants politiques du continent vont interagir avec les Britanniques priés de quitter les lieux sine die pour respecter le vote de leur peuple.

Pour préserver les bienfaits du marché unique, il faut le rendre difficile d'accès et cher sinon à quoi servirait cette union ? Les marchés financiers ont donc, après l'angoisse existentielle de vendredi et lundi derniers, décidé de parier sur la fin des incertitudes soit car le recul des élites anglaises devant l'impact trop lourd d'une sortie de l'UE est inévitable soit parce que l'UE adoptera une position dure qui conduira à la sortie définitive rapide et sans compensation. Dans les deux hypothèses finalement, les investisseurs pourront alors passer à autre chose; la seule question ne sera plus qu'économique dans le cas d'une sortie définitive car la Grande-Bretagne entrerait dans une phase plus difficile voire en récession. Cela aurait nécessairement un impact sur la croissance de la zone euro. Nul ne se risquerait à prédire le scénario définitif mais il est loin d'être aussi tranché que le résultat des urnes le laisse paraître. L'économie (macro et micro) va reprendre ses droits et tous les investisseurs vont se pencher sur les statistiques pour déceler des changements de tendance dans le comportement des agents économiques. Comme des chefs d'entreprise, nos équipes de gérants vont faire un état des lieux des risques et opportunités.

Etrangement, c'est peut-être encore et toujours en zone euro qu'il faudra investir car partout ailleurs (zone Dollar, zone Renminbi, zone Yen, zone Sterling), les équilibres sont tout aussi complexes et parfois même fragiles...sauf qu'en zone euro, les crises institutionnelles répétées ont tout de même permis de solidariser les pays et de faire perdurer une union monétaire que certains qualifiaient jusqu'à présent "de simple expérience". Il ne faut pas cependant verser dans le triomphalisme car les marchés financiers vont demeurer volatils et sensibles aux chocs multiples de défiance politique. Néanmoins, ce sont bien les fondamentaux économiques qui guideront la tendance long terme.

 

 

Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 1er juillet 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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