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La Vie des Marchés

juil. 11
Après les deux premières victimes du Brexit (la livre Sterling et les marchés actions européens), c'est au tour de l'immobilier coté britannique de subir une crise de liquidité avec la fermeture aux rachats de certains fonds ouverts de gérants d'actifs réputés (entre 15 et 20 md£).


Cela a rappelé à certains que la formation d'une bulle de valorisation sur une classe d'actifs finit toujours par se dégonfler. Un actif peut être qualifié de refuge uniquement si sa valorisation n'est pas déconnectée des fondamentaux tangibles. L'importance des plus-values enregistrées sur ce secteur explique aussi pour partie la volonté de sortie des investisseurs après des années de progression des ANRs (actif net réévalué). L'immobilier non coté et résidentiel britannique pourrait donc être la prochaine victime mais dans ce cas il faudra y voir les prémices d'une crise économique en Grande-Bretagne.

Crise immobilière et crise économique sont généralement de vrais jumeaux qui s'entendent et se complètent bien. On pourrait aussi dresser un parallèle saisissant avec les obligations souveraines des pays de l'Union Européenne puisque 55% d'entre elles affichent des taux négatifs. Beaucoup deviennent d'ailleurs non éligibles au programme de rachat de la BCE (31% soit un encours de 2 300 md€).

Pour les banques italiennes "chi va piano...va malsano". Beaucoup de temps a été perdu pour faire face à l'accumulation des 360 Md€ de Non Performing Loans (NPLs) dans les bilans bancaires : d'abord pour porter sur les fonds baptismaux le fonds de sauvetage Atlante, puis pour trouver une solution à la régionalisation et à la fragmentation d'un système bancaire héritées parfois de la Renaissance. Les investisseurs se posent désormais plusieurs questions au sujet de la recapitalisation des institutions bancaires et au sujet de la stabilité politique en Italie : bail-in financé par les actionnaires, créanciers et épargnants; bail-out financé par l'Etat italien au mépris des toutes nouvelles règles de résolution bancaire ou bye-bye tout simplement pour Matteo Renzi lors d’un référendum de cet automne sur la réforme des chambres parlementaires. Les craintes d'un risque systémique britannique se combinent aujourd'hui avec celles du retour du risque systémique italien.

L'Europe, encore et toujours elle, détient les clés pour remettre une forme d'ataraxie sur les marchés financiers. L'harmonie estivale sera probablement encore perturbée par quelques bourrasques de vents de panique.

 

 

Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 8 juillet 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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