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La Vie des Marchés

juil. 25

Terra incognita....ces deux mots latins figuraient sur les anciennes cartes des explorateurs pour décrire des territoires qui n'avait pas été découverts par l'homme moderne.

Terra incognita....ces deux mots latins figuraient sur les anciennes cartes des explorateurs pour décrire des territoires qui n'avait pas été découverts par l'homme moderne. Les marchés financiers se sont eux aussi aventurés récemment dans des zones vierges, inhospitalières et inconnues. Taux d'intérêt de plus en plus négatifs sur des durées de plus en plus longues dans un nombre toujours plus grand de contrées. Sur le front politique, le référendum sur le Brexit crée lui aussi un "vacuum" institutionnel.

L'Europe est désormais prise au piège de ces référendums qui s'apparentent plutôt d'ailleurs à des ultimatums envoyés aux hiérarques de Bruxelles : 1/ la Grèce l'année dernière pour obtenir des concessions pécuniaires de la zone euro, 2/ la Grande-Bretagne en juin pour déroger à la règle de la libre circulation des personnes 3/ et bientôt l'Italie pour agiter le spectre d'une crise interne afin de négocier le refinancement de son système bancaire avec des deniers publiques. L'Europe va donc passer un sérieux examen de santé mais, si inachevée et imparfaite soit-elle, elle a au moins le mérite d'exister et de proposer un cadre de discussion autour de règles qui peuvent être assouplies de manière temporaire et pragmatique, ce que l'inconnu et le vide politiques vantés par les populistes n'offrent pas. Les marchés actions évoluent en ce moment dans des volumes faibles car estivaux. Cela ne les empêche pas de progresser, l'indice américain S&P 500 ayant récemment franchi son plus haut historique comme un joli pied de nez aux circonvolutions d'Albion.

Il est par ailleurs paradoxal de constater, même en Europe, ce rebond des marchés actions alors que les flux d'investisseurs sortent toujours de cette classe d'actifs depuis maintenant plus de vingt semaines. Cela signifie que les intervenants actuels sont des acheteurs/vendeurs marginaux et que les mouvements peuvent être assez violents à la baisse comme à la hausse dans une bande de fluctuation de 5 à 10%. Le paysage macroéconomique, lui, n'a pas encore diamétralement changé. Il est trop tôt pour identifier clairement les effets négatifs du Brexit sur l'économie de la zone euro.

En terre inconnue, l'explorateur comme l'investisseur se trouve souvent isolé et en danger. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison que les cartographes du Moyen-Age faisaient parfois figurer sur les mappemondes une autre mention latine "hic sunt dracones" : ici il y a des dragons...

 

 

Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 15 juillet 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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