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La Vie des Marchés

juil. 25
Pour prolonger la longue littérature émanant du Brexit, commençons cette lettre par une citation du plus grand homme politique anglais de l'ère moderne, Winston Churchill. Celui-ci disait en effet que "l'épargne est une bonne chose surtout quand les parents l'ont faite pour vous".

Pour prolonger la longue littérature émanant du Brexit, commençons cette lettre par une citation du plus grand homme politique anglais de l’ère moderne, Winston Churchill. Celui-ci disait en effet que « l’épargne est une bonne chose surtout quand les parents l’ont faite pour vous ». Les enfants et les petits-enfants des parents d’aujourd’hui pourront-ils en dire autant au vu des rémunérations actuelles des gisements obligataires ? Probablement pas car les taux atteignent des niveaux qui mettent en danger l’épargne mondiale et les systèmes de retraite. Les actions, surtout en Europe, sont désormais considérées paradoxalement comme un support obligataire à haut rendement (autour de 3,5%). Pourtant, cet argument ne suffit pas à déclencher un acte d’achat sur une classe d’actifs jugée trop risquée et trop volatile. La semaine dernière a d’ailleurs été une semaine de sortie record des fonds investis dans les actions européennes.

A l’inverse, la dette émergente a reçu des souscriptions record sur la même période. Les inquiétudes sont plus politiques qu’économiques, même si les deux sujets interfèrent souvent. Le Brexit a créé une brèche dans la longévité et l’unité de l’Union Européenne et la féroce reprise en main après le coup d’Etat en Turquie pourrait en ouvrir une autre dans celles de l’Otan. Les investisseurs vont pourtant essayer d’oublier quelque temps les sujets politiques pour se concentrer sur la micro-économie. Les toutes premières publications semestrielles s’avèrent de bonne facture mais ce n’est qu’un petit début.

Enfin, elles ne donnent pas encore d’indication sur la croissance macro et micro-économique en 2017. 2016 devrait rester une année de reprise pour la zone euro tandis que la croissance américaine semble toujours résister sur un niveau de PIB qui atteint un record historique comme la bourse d’ailleurs. Les investisseurs commenceront à anticiper 2017 à partir du mois de septembre. Le paysage monétaire risque de demeurer toujours aussi angoissant sauf hausse surprise des taux aux Etats-Unis : peu de rémunération sur les actifs de rente et du rendement sur les actifs productifs à risque. La réunion de la BCE de jeudi dernier n’a pas permis de déceler une volonté d’activisme ou de soutien de la part de Mario Draghi notamment sur le sujet difficile et douloureux des banques italiennes. Certaines stratégies de gestion proposent  de vendre les supports obligataires (« short »). A ces niveaux de prix, cela semble légitime. Mais la meilleure façon de « shorter » le marché obligataire, ce n’est pas de vendre la dette mais d’emprunter…pour celles et ceux qui en ont les moyens.


Source: DNCA Finance – Texte achevé de rédiger le 22 juillet 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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