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La vie des Marchés

oct. 18

L'abus économique est comme l'abus d'alcool, il a son lendemain inévitable, disait John Kenneth Galbraith, ce grand économiste qui fut également ambassadeur des Etats-Unis en Inde de 1961 à 1963.


L'abus financier aussi ou plutôt devrait-on dire l'abus obligataire aura son lendemain inévitable. En effet, les épargnants continuent de plébisciter cette classe d'actifs puisqu'ils ont investi cette année plus de 33 md$ soit un total de 158 md$ dans des ETFs obligataires de qualité investment grade. Peur d'une récession, peur de mauvais chiffres sur l'économie chinoise, peur d'une déflation permanente, peur d'un effondrement des bourses, peur des échéances politiques, peur des conflits militaires, tout semble justifier à l'heure actuelle ce mouvement inexorable.

Pourtant, cette boulimie pourrait s'avérer très douloureuse à digérer lorsque le scénario obligataire changera. C'est d'ailleurs pour cette raison que les banquiers centraux sont si mal à l'aise pour modifier leur politique monétaire. La remontée du cours des matières premières va pousser à la hausse les indices d'inflation. Le retour des protectionnismes partout sur la planète pourrait également mettre fin au grand mouvement désinflationniste qui avait démarré avec l'essor de la globalisation.

D'ici la fin de l'année, les hésitations seront encore nombreuses. Les projections macro-économiques pour 2017 commenceront à hanter les pensées des investisseurs de plus en plus écartelés entre un scénario noir sur les actifs financiers et l'espoir de rendement réel positif sur les actifs tangibles (titres de propriété d'entreprises). Pour l'instant, les flux sont toujours négatifs sur les actions européennes, signe du désintérêt grandissant des investisseurs pour cette classe d'actifs à laquelle ils font tant de reproches (insécurité, volatilité, risques trop élevés, opacité, complexité).

Souhaitons tout de même qu'un jour ces mêmes investisseurs puissent lui accorder leur Grand Pardon en redevenant sur le long terme acheteurs d'entreprises européennes cotées.

 

 

Source: DNCA Finance -Texte achevé de rédiger le 14 octobre 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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