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La Vie des Marchés

déc. 06
Cela fera désormais trois semaines sur les quatre dernières que les investisseurs ont commencé à revenir sur les actions européennes pour un montant proche de 1 milliard d’euros au détriment des obligations et des marchés émergents.

Après la hausse récente, les taux longs se sont stabilisés dans la plupart des pays sauf en Italie. Évidemment, les marchés vont continuer à rester focalisés sur le résultat du référendum italien.

Pour les marchés et les sondages, la messe est dite et le corbillard des futures réformes transalpines attend devant le parvis du Duomo. Les marchés ont déjà attribué une décote à tous les actifs italiens. Le MIB 30 a perdu environ 23% depuis le début de l'année et l'écart des taux dix ans italiens et des taux dix ans allemands s'est élargi pour atteindre près de 190 points de base. Pourtant depuis le début de l'année, les électeurs ont déjoué tous les pronostics des sondeurs et des investisseurs. L'Italie surprendra-t-elle ? Difficile à dire tant les peuples veulent désormais rejeter toute adhésion à un projet politique positif et raisonné (i.e: la simplification du système électoral). L'avenir de l'Italie dans l'Europe et dans la zone euro passera par des réformes à un moment ou à un autre. Le fait que l'instabilité des gouvernements italiens perdure n'est pas un saut dans l'inconnu. C'est une situation au contraire bien connue. On peut cependant comprendre l'inquiétude des investisseurs mais anticiper un scénario politique et ses conséquences à deux, trois ou quatre ans s’avèrent aléatoire et inefficace en 2016.

Ainsi, il semblait impossible de vouloir sortir de l'Europe et pourtant le Brexit a prouvé qu'on pouvait l'envisager sans toutefois pouvoir encore le réaliser à ce stade. Il semblait impossible de sortir de la zone euro et pourtant les Grecs ont bien essayé avec leur propre référendum tout en appliquant finalement toutes les réformes exigées par les créanciers et en restant dans la zone euro. Il semblait impossible que Donald Trump soit élu et finalement il l'a été et propose désormais un cadre économique porteur pour les Etats-Unis et pour le consommateur américain. A ce titre, les premiers retours du Black Friday dans un contexte de dollar fort seront riches d'enseignement.

Les échéances électorales françaises et allemandes sont aussi importantes mais il s'agit de ne pas céder à la panique non plus. Les démocraties ne sont peut-être pas aussi faibles qu'on ne le pense médiatiquement ou devant les écrans Bloomberg. Aristote, grand penseur grec de la démocratie, disait que "lorsqu'un homme songe à son passé, il baisse les yeux vers la terre et lorsqu'il songe à son futur, il les lève vers le ciel".

Pour l'électeur, l'épargnant et le citoyen européen, il s'agit maintenant de songer au présent et de fixer ce qui sépare la terre du ciel...c'est-à-dire l'horizon.

Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 5 décembre 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

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