News

La Vie des Marchés

janv. 03
RÉFORME, voici le mot dans le monde occidental que les dirigeants politiques, les candidats aux urnes, les citoyens et les investisseurs auront réclamé, scandé et hurlé toute l'année. Partout dans le monde développé, des centaines voire des millions de voix se sont prononcées pour le changement sans savoir vraiment toujours  pourquoi.

Les Britanniques veulent quitter l'Europe tout en profitant des échanges commerciaux avec elle. Donald Trump veut dénoncer des traités commerciaux à l'encontre des principes libéraux fondateurs des Etats-Unis. Les Européens, les Français en premier lieu, veulent aussi "renverser la table" mais dès que des efforts futurs sont envisagés, les peuples se rétractent et se convulsent comme en Italie où les ambitions et rêves de Matteo Renzi se sont brisés sur la futilité d'un système politique morcelé, régionalisé et obsolète.

Le changement pourquoi ? Le progressisme pour aboutir où ? Le renouveau pour abandonner quoi ? Ce sont de vraies questions qui toucheront directement notre manière d'épargner, d'investir, de consommer et d'éduquer les générations futures qui ont non seulement soif d'inventivité avec l'ère numérique mais aussi envie d'exemplarité chez les élites. A force de croire aveuglément plus à l'idée même de changement plus qu'à ses conséquences bonnes ou mauvaises, nous, les Occidentaux si prompts à imposer un modèle de pensée, nous sommes fracassés sur l'écueil syrien dont la complexité apparaît de jour en jour plus meurtrière. Et si finalement en 2016, le chemin ne nous avait pas été montré par les pays émergents (les anciens fameux BRIC) régulièrement cloués au pilori par les médias ? Repensons-y ensemble à l'heure du bilan : En Chine, la lutte anti-corruption a pris une ampleur spectaculaire ; au Brésil, les parlementaires ont destitué leur chef d'Etat et entamé le procès du système de pots de vin lié à Petrobras ; et surtout en Inde où le gouvernement a entrepris la plus grande entreprise de démonétisation de l'histoire de l'humanité en retirant les grosses coupures pour réintégrer l'économie parallèle dans le système ; enfin la Russie a réussi son pari d'imposer ses vues géo-stratégiques au Moyen-Orient et à participer à l'accord de l'OPEP pour faire remonter les prix du pétrole.

En matière de gestion, ceux qui auront fait des échéances politiques électorales des points d'inflexion des marchés en 2016 pourraient encore une fois être pris au piège en 2017. Alors bien sûr, chaque citoyen et chaque investisseur pourra dire avec sincérité que nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes possibles mais c'est bien le seul que nous connaissons et qui existe. Si le changement n'était pas devenu juste un slogan marketing si dévoyé, nous aurions tous à cœur de l'invoquer constamment, et pas uniquement lors des campagnes électorales, et de le mettre en pratique pour vraiment améliorer ce monde. Soyons toutefois réalistes avant d'être trop idéologues, cela évitera bien des erreurs dans tous les domaines.

Ces considérations s'avèrent peut-être trop philosophales mais en cinquante deux semaines de lettre hebdomadaire beaucoup avait déjà été écrit sur les taux, les actions, les valorisations, la croissance, les monnaies, le pétrole, la volatilité...en attendant d'en reparler encore et encore en 2017, toute l'équipe de gestion de DNCA vous adresse ses vœux de bonheur et de prospérité pour la nouvelle année.




Source: DNCA Finance - Texte achevé de rédiger le 29 décembre 2016 par Igor de Maack, Gérant et porte parole de la Gestion.

Partager cette information