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Crise: Communiqué de Rothschild & Cie Gestion

Aug 11
Les marchés d’actions, notamment européens, ont connu depuis le 22 juillet une baisse de l’ordre de 20% ; une tendance qui, par son ampleur et son absence d’inflexion, constitue un record depuis la création de l’indice CAC 40.

Flash Stratégie

Les facteurs à l’origine de cette correction historique sont d’ordre économique, politique et technique :

 

1.      D’un point de vue économique, les craintes d’un fort ralentissement de la croissance, voire d’une double récession pour l’année 2012, sont la principale inquiétude des marchés. Elle repose sur les dernières statistiques décevantes concernant la croissance du premier semestre et la rapide décrue des indicateurs avancés. Ces craintes seraient accentuées par les programmes d’ajustement budgétaire.

 

2.      D’un point de vue politique, les gouvernements peinent à établir un plan de soutien crédible aux pays périphériques, notamment après l’échec du sommet du 21 juillet dernier. L’Allemagne semble réticente à participer à un plan de sauvetage plus global notamment par le renforcement des moyens mis à la disposition de l’EFSF.

Même dilemme aux Etats-Unis où démocrates et républicains se sont menés un combat politicien qui a conduit à un abaissement de la note de solvabilité du pays par Standard & Poor’s.

 

3.      D’un point de vue technique, où on a assisté à des ventes massives de la part des fonds alternatifs et des investisseurs américains en performances positives depuis le début de l’année, jusqu’à une période récente, grâce à l’affaissement du dollar et enfin des particuliers, exaspérés par la faible performance et la forte volatilité des actions.

 

Pour notre part, nous considérons que les atermoiements dans la Zone Euro sont effectivement une source d’inquiétude traduite dans les taux d’intérêt italiens qui ne peuvent durablement rester au niveau actuel pour un pays dont la dette s’élève à 1800 Mrds €, soit la 3ème dette d’Etat au monde. Il appartient à l’Europe de fournir au marché un plan crédible avec le soutien politique de l’Allemagne. Trois mesures peuvent être avancées : l’achat massif par la BCE de dettes périphériques à l’image de la politique de la FED ; le renforcement de l’EFSF avec l’appui allemand, enfin, en dernier recours, la création d’Euro bonds.

 

Les inquiétudes concernant la croissance nous paraissent prématurées et exagérées sauf si la baisse des marchés devait de nouveau s’amplifier et créer un effet richesse négatif. Les sociétés sont en bonne santé, l’investissement reste soutenu, les pays émergents tirent la demande mondiale. Les effets négatifs observés sur la croissance au premier semestre sont en train de disparaître. La production au Japon se redresse nettement s’approchant du niveau antérieur au séisme et la pression inflationniste issue des matières premières se résorbe rapidement. Les marchés ont historiquement anticipé beaucoup de récessions qui ne sont pas survenues. Ce fut le cas en 1987, en 1998 et en 2003 et dans une certaine mesure en 2010 avec une baisse des indices actions de 15% au premier semestre, rattrapée au second.

 

Pour céder des actifs aujourd’hui, notamment européens, il faut avoir la quasi-certitude d’un retour en récession en 2012. Les marchés sont revenus à leurs niveaux de novembre 2008 (post Lehman), décembre 2003 ou encore fin 1997. Dans le même temps, les profits des entreprises ont plus que doublé. La prime de risque est à son plus haut historique.

 

Ne partageant pas les craintes d’un retour en récession en 2012 et d’un éclatement de l’euro, nous maintenons notre exposition en actions au dessus des indices de référence. Sur la partie obligataire, la sensibilité demeure modérée et nous essayons de capter les opportunités sur le marché du crédit et sur les écartements excessifs des taux des dettes souveraines.

 

¢ Didier Bouvignies – Associé Gérant de Rothschild & Cie Gestion

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